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Le retour du loup

Le retour naturel des loups dans les Alpes françaises a été révélé par le magazine mensuel Terre sauvage en avril 1993. Témoignages, documents et souvenirs…

Patrick Orméa, premier observateur du retour du loup en France.

Vives émotions, en retrouvant ces vidéos et diaporamas réalisés fin octobre 2012, afin de marquer le vingtième anniversaire du retour du loup en France. En Mercantour, dans le vallon de Mollières et au col de Salèse, plus précisément…

Gérard Millischer, pisteur des premiers loups du Mercantour, en vallon de Mollières.
20 ans après, dans le vallon et le hameau de Mollières,
avec Gérard Millischer et Patrick Orméa, les bons amis…
Libres loups du Mercantour (juin 2017).


Autres vidéos et diaporamas sur les loups du Mercantour.

Le communiqué à l’AFP (14 avril 1993), les articles (intégraux) d’Antoine Peillon publiés dans Terre sauvage n° 73 le 21 avril 1993 et le rapport d’A. P. à la direction du PN du Mercantour sur les premières observations de loups (dont indices…) en montagne (4 mars 1993).

Terre sauvage n° 73, daté de mai 1993.
Révélation du retour du loup en France.

Documents et témoignages essentiels à propos de la révélation du retour du loup en France :

1 / Véronique Campion-Vincent, « Les réactions au retour du loup en France. Une tentative d’analyse prenant ’’les rumeurs’’ au sérieux », dans Le Monde alpin et rhodanien. Revue régionale d’ethnologie, n°1-3/2002 : Le fait du loup. De la peur à la passion : le renversement d’une image, pp. 11-52 (en ligne : https://www.persee.fr/docAsPDF/mar_0758-4431_2002_num_30_1_1759.pdf) : « (Gilbert Simon, alors Directeur de la nature et des paysages – DNP – au ministère de l’Environnement) : Tout a commencé en novembre 1992, lorsque deux agents du Parc du Mercantour m’ont téléphoné pour me signaler l’observation de deux loups. Cette observation a permis d’expliquer une observation précédente de nombreux cadavres de mouflons (que les agents pensaient avoir, peut-être, été tués par des chiens errants). (…) Il y a eu alors au ministère de l’Environnement une réunion restreinte où la question de la communication à faire a été posée. La décision a été prise de ne rien annoncer avant que trois conditions ne soient remplies : 1. Être sûr qu’il s’agissait bien de loups 2. Être sûr du caractère spontané de leur retour 3. Avoir mis au point la réponse à apporter aux dégâts que le loup ne manquerait pas de causer. Il s’agissait pour nous de faire face, moins au loup qu’aux réactions face au loup.

L’hiver 1992 a apporté la confirmation : c’étaient bien des loups, et ils étaient plus de deux. La colonisation naturelle de ce vallon des Molières était tout à fait vraisemblable, ce que nous a confirmé en particulier le grand spécialiste des loups Luigi Boitani

Finalement, c’est la revue écologiste Terre Sauvage qui, en mai 1993, annonce le retour du loup en France et non pas le ministère ni le PNM :

Nous pensions faire une action de communication au moment de la montée des troupeaux en alpage, vers la mi-juin, mais Antoine Peillon, bien introduit au ministère et également pigiste à Terre Sauvage nous a devancés ; il nous a un peu mis devant le fait accompli en nous disant : « c’est un scoop qu’il faut que j’exploite, car sinon quelqu’un le fera à ma place. » Alors, nous avons collaboré avec lui. » (p. 13).

2 / RAPPORT FAIT AU NOM DE LA COMMISSION D’ENQUETE SUR LES CONDITIONS DE LA PRÉSENCE DU LOUP EN FRANCE ET L’EXERCICE DU PASTORALISME DANS LES ZONES DE MONTAGNE (2 mai 2003) / P. S. : mes remarques générales sur ce rapport : « (…) Ce document (mon rapport du 13 mars 1993 à la direction du parc national du Mercantour) permets de couper court à toutes les rumeurs qui continuent de courir sur une « réintroduction » des loups dans les Alpes-Maritimes, rumeur dont on retrouve l’écho jusque dans un certain rapport parlementaire qui est une honte pour la République. »

En ligne :

Tome 1 : « (…) Deux loups sont donc aperçus pour la première fois dans la zone centrale du parc du Mercantour au début du mois de novembre 1992. La réapparition du loup sur notre territoire n’est rendue publique que six mois plus tard par voie de presse via un article paru dans la revue « Terre Sauvage » en avril 1993.

Ce laps de temps a officiellement été utilisé pour s’assurer qu’il s’agissait bien de loups et non de chiens divagants.

Il s’agissait de mettre à profit la période hivernale pour recueillir le maximum d’indices et d’informations, à une époque où l’on ne disposait pas encore de l’outil génétique. Ainsi, un grand nombre d’agents s’est trouvé mobilisé pour tenter, sur le territoire le plus vaste possible, de localiser les secteurs occupés par les loups. Dès le début du mois de décembre, un protocole de suivi systématique fut donc mis en œuvre en collaboration avec des partenaires du groupe loup italien venus reconnaître les secteurs a priori visités et dont les caractéristiques (altitude, couvert, ressource alimentaire) leur sont apparus favorables à l’installation des canidés. » (p. 34)

Tome 2 : « (…) M. le Président :  Non, en France, la première information est publiée par « Terre sauvage », en avril 1993.

Mme Geneviève CARBONE : Oui, tout à fait, toutefois, si vous le permettez, à la fin de l’année 1992, différents journaux ont fait paraître une série d’articles sur le loup et son retour dans différents pays européens : Norvège, Suède, etc. Donc, quand la rédaction de « Terre sauvage » a eu une information – mais je n’en sais pas plus et je pense que je n’en saurai jamais plus parce que je n’étais pas rédactrice, à l’époque – selon laquelle, au cours d’un  comptage  sur  les  ongulés  dans  le  parc  national  du  Mercantour,  en  novembre  1992,  comme  il  s’en  fait  quasiment  tous  les  ans,  il  y  aurait  une  observation  parallèle  sur  des  canidés  dont  on  ne  connaissait  pas  scientifiquement  l’espèce,  « Terre  Sauvage »  a  immédiatement  souhaité  « couvrir  l’information » (p. 262)

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