Terrorisme : « Ne pas baisser la garde »

  • Recueilli par Antoine Peillon
  • Le 28 octobre 2011
La chahada ; drapeau le plus fréquemment utilisé par Al-Qaïda.

Loïc Garnier, chef de l’Unité de coordination de la lutte antiterroriste (Uclat).

« Nous ne sommes pas face à une baisse de l’intensité de l’ensemble des menaces, qui se situent bien plus sur le plan international. Cependant, Ben Laden de son vivant, ainsi que les principaux responsables d’Al-Qaeda Core (branche historique principale) et d’Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) ont toujours affirmé et continuent d’affirmer leur volonté de frapper la France sur son territoire. Donc, on ne peut pas baisser la garde.

D’où l’intérêt d’avoir une coopération internationale très importante avec les pays concernés et avec les autres pays européens qui sont aussi visés par ces menaces. C’est un des axes majeurs de la lutte antiterroriste moderne, d’autant plus qu’il n’y a plus de profil-type du terroriste d’aujourd’hui. On l’a vu au travers des divers attentats ou tentatives qui ont eu lieu ces dernières années : ils ont été portés par des gens parfaitement intégrés dans la société.

Comme le montre la tentative d’attentat sur le vol Amsterdam-Detroit, perpétrée le 26 décembre 2009 par Abdul Farouk Abdulmutalla, un fils de bonne famille qui s’est radicalisé au contact de gens, au Yémen, dont Anwar Al Aulaqi, cet imam radical, tué le 30 septembre 2011 par les Américains. On est typiquement là face un profil qui rendait l’acte terroriste difficilement prévisible. »

Face aux nouveaux terrorismes

  • Antoine Peillon

Les menaces d’attentats-suicides massivement meurtriers, mais aussi d’enlèvements ciblés, représentent toujours un défi majeur pour les services occidentaux de sécurité.

D’autant plus que le terrorisme semble avoir de plus en plus partie liée avec la criminalité organisée et les guérillas régionales. Cette dilution trouve son aboutissement dans l’émergence de « loups solitaires », difficilement contrôlables, qui peuvent faire preuve d’une dangerosité exceptionnelle. Les stratégies antiterroristes sont, en conséquence, en cours de profonde révision.

REPÈRES

Dans les années 1980, la France est la cible de nombreuses actions terroristes par les groupes d’Abou Nidal, de Carlos ou liés au Hezbollah.

17 septembre 1986. Une bombe, rue de Rennes à Paris, fait 7 morts et 55 blessés. C’est le dernier et le plus meurtrier d’une série de treize attentats depuis février 1985, revendiqués par le Comité de solidarité avec les prisonniers politiques arabes et du Proche-Orient.

19 septembre 1989. Le vol 772 UTA explose au-dessus du Niger faisant 170 morts (54 Congolais, 54 Français, 7 Américains et 4 Britanniques). L’enquête révèle que cet attentat a été organisé par le pouvoir libyen du colonel Kadhafi. La Libye acceptera de verser 170 millions de dollars (123 millions d’euros) aux familles des victimes, en 2004.

Juillet-octobre 1995. La France (Paris) est touchée par 8 attentats à la bombe (8 morts, 200 blessés), officiellement attribués au Groupe islamique armé (GIA), basé en Algérie.

22 juillet 1996. La loi créant l’incrimination d’ »association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste » (article 421-2-1 du code pénal) permet, selon policiers et magistrats spécialisés, de démanteler des réseaux en constitution.

Depuis 2007, des assassinats et enlèvements de ressortissants français ont lieu en Arabie saoudite, Mauritanie, Mali, Algérie et en Afghanistan, perpétrés par des réseaux djihadistes s’inspirant ou se revendiquant d’Al-Qaida.

9 septembre 2011. Le directeur général de la police nationale Frédéric Péchenard annonce que 914 terroristes présumés ont été interpellés en France depuis 2001 et 37 depuis janvier 2011.

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