Le chant d’amour (musée Rodin, Paris)

שִׁיר הַשִּׁירִים

Cantique des cantiques

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Photos : © Ishta

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Soutenez-moi avec les gâteaux aux raisins, fortifiez-moi avec les pommes, car je suis malade d’amour.

Ct, II, 5

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Qu’il me donne des baisers de sa bouche ! Car ses tendres caresses sont meilleures que le vin. Le parfum de ses huiles est délicieux. Son nom se diffuse comme un musc enivrant ; c’est pourquoi les jeunes filles l’aiment.

Ct, I, 2 et 3

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Attire-moi contre toi ; courons ensemble ! Le roi m’a fait venir dans ses chambres. Jubilons et jouissons de toi ! Suscitons tes tendres caresses meilleures que le vin. Les jeunes filles t’aiment en vérité.

Ct, I, 4

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Mon bien-aimé est le sachet de myrrhe que je tiens la nuit entre mes seins. Une grappe de cypre est mon aimé, dans les vignes d’Engaddi. Te voici belle, ma compagne, si belle ! Tes yeux sont doux comme des colombes. Te voici beau, mon bien-aimé, si doux ! Et si fraîche est notre reposée.

Ct, I, 13-16

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Je suis le jeune lys de Saron, le lys des halliers. Comme le lys qui fleurit entre les épines, telle est mon aimée parmi toutes les jeunes filles. Comme un pommier entre les arbres de la forêt, tel est mon bien-aimé parmi tous les garçons. Dans son ombre, je l’ai désiré et je me suis assise, et son fruit fut doux à mon palais.

Ct, II, 1-3

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Sa main gauche tient ma tête et son bras droit m’enlace. Je vous le commande, filles de Jérusalem, par les gazelles ou par les biches de la campagne : n’éveillez pas, ne réveillez pas l’amour, avant qu’il le désire.

Ct, II, 6 et 7

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Ma colombe, cachée dans les creux du rocher, dans le secret des anfractuosités, fais-moi voir ton visage, fais-moi entendre ta voix, car ta voix est douce et ton visage si désirable.

Ct, II, 14

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Dans mon lit, toutes les nuits, j’ai cherché celui qu’aime mon âme ; je l’ai cherché, mais ne l’ai pas trouvé. Que je me lève, donc !, et fasse le tour des places et des rues, dans toute la ville. Que je cherche celui qu’aime mon âme. Je l’ai cherché, mais ne l’ai pas trouvé.

Ct, III, 1 et 2

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Te voici belle, mon aimée, si belle ! Tes yeux sont doux comme des colombes, brillant entre tes tresses, et ta chevelure est comme le troupeau des chèvres qui ondoient sur le mont Galaad. Tes dents sont comme le troupeau de brebis blanches tout juste tondues et qui remontent du bain, deux par deux et nombreuses. Tes lèvres sont comme un fil d’écarlate et ta parole excite le désir. Ta tempe est comme la chair d’une grenade derrière tes tresses. Ton cou est élancé comme la tour de David pour porter les trophées ; un millier de boucliers y sont suspendus, ainsi que les armures des braves. Tes seins sont comme deux faons jumeaux d’une gazelle, qui paissent entre les lys.

Ct, IV, 1-5

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Tu m’as touché en plein cœur, ma sœur, ma compagne ; tu m’as touché au cœur par un seul regard de tes yeux, par la finesse de ton cou. Comme elles sont douces tes tendres caresses, ma sœur, ma compagne, comme elles sont meilleures que le vin, et comme le parfum de tes huiles est plus suave que tous les aromates. Tes lèvres, ma compagne, distillent le miel ; le miel et le lait se goûtent sous ta langue. Tes linges ont le parfum du Liban. Tu es un jardin clos, ma sœur, ma compagne, une eau profonde, une source mystérieuse.

Ct, IV, 9-12

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Je dors, mais mon cœur veille. J’entends la voix de mon bien-aimé ; c’est lui qui frappe à ma porte : « Ouvre-moi, ma sœur, ma compagne, ma colombe, ma parfaite, car ma tête est couverte de rosée et les boucles de mes cheveux sont mouillées par les gouttes de la nuit. »

Ct, V, 2

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« J’ai ôté ma tunique ; comment pourrais-je m’en revêtir ? J’ai baigné mes pieds ; pourquoi les salirai-je encore ? » Mon bien-aimé a passé sa main par l’ouverture et mes entrailles s’en sont émues. Je me suis levée pour ouvrir à mon bien-aimé et mes mains ont distillé la myrrhe, et mes doigts ont oint de myrrhe les bords du verrou.

Ct, V, 3-5

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Les contours de tes hanches sont comme ceux d’un vase modelé par les mains d’un artiste. Ton amande fendue est comme un croissant de lune ; la liqueur parfumée n’y manque pas ! Ton ventre est comme une meule de froment, bordée par des lys. Tes deux seins sont comme les faons jumeaux d’une gazelle. Ton cou est comme une tour d’ivoire. Tes yeux sont comme les sources d’Hechbone… Comme tu es belle et douce, mon amour, dans les délices du plaisir ! Ta silhouette a la souplesse du palmier et tes seins ressemblent à des grappes de raisin.

Ct, VII, 2-8

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Textes traduits de l’hébreu par Antoine Peillon, à partir de la version massorétique du Shir HaShirim (Codex d’Alep et manuscrits de l’École de Tibériade) publiée sous la direction de Zadoc Kahn, pour la Torah dite « Bible du Rabbinat » (1899), et de la Biblia Hebraica Stuttgartensia (Codex de Léningrad) éditée par Karl Elliger et Wilhelm Rudolph, Stuttgart, Deutsche Bibelgesellschaft, 1977 et 1997.

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