Réparer le monde !

Paru le 15 janvier 2021, chez Massot. Avec un chapitre sur « la réparation du monde », pages 203 à 214. Version numérique gratuite (mai 2020) du livre.
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Par Antoine Peillon

Apocalypse

La pandémie de Covid-19 (plus de 276 000 morts, officiellement, dans le monde, au 9 mai 2020 / MAJ permanente des statistiques : https://en.wikipedia.org/wiki/Template:COVID-19_pandemic_data / plus de 2.100.000 morts au 15 janvier 2021…) est-elle un des « sept derniers fléaux »[1 ; notes en fin de texte] ? Est-elle apocalyptique ? « Ce qui est sûr est que nous vivons, du moins en Europe, ce qui se rapproche le plus, depuis 1945, d’un ’’effondrement’’ – cet effondrement évoqué tant de fois dans le cinéma et la littérature dite ’’postapocalyptique’’, mais aussi par la critique radicale de la société capitaliste et industrielle », analysait, dès le 6 avril dernier, sur le site de France culture, le philosophe Anselm Jappe[2]. Et il est indéniable que ces dernières années, les termes « apocalypse », « chaos », « basculement » ou « effondrement » sont devenus d’un usage courant, tant en géostratégie, économie politique, prospective environnementale et droit international qu’en philosophie. Il suffit, pour s’en convaincre, de se tourner vers de nombreux ouvrages qu’il ne m’est pas possible d’analyser plus précisément ici, mais dont il est bon de connaître tout de même l’existence.[3]

Force aussi est de constater que, comme dans le dernier livre de la Bible, l’humanité reste toujours sourde à tous les avertissements, à toutes les trompettes (Ap. 8:6), jusqu’à préférer se vautrer jusqu’à ce que mort s’ensuive dans la corruption la plus effrénée : « Les autres hommes qui ne furent pas tués par ces fléaux ne se repentirent pas des œuvres de leurs mains, ils ne cessèrent pas d’adorer les démons, et les idoles d’or, d’argent, d’airain, de pierre et de bois, qui ne peuvent ni voir, ni entendre, ni marcher ; et ils ne se repentirent pas de leurs meurtres, ni de leurs enchantements, ni de leur débauche, ni de leurs vols. »[4]

Si une pandémie se déclare…

Oyez, braves gens, n’avons-nous pas lu, en 2009, Le nouveau rapport de la CIA – Comment sera le monde en 2025 (Robert Laffont) ? Aux pages 256 et 257, je relis ceci : « L’apparition d’une nouvelle maladie respiratoire virulente, extrêmement contagieuse, pour laquelle il n’existe pas de traitement adéquat, pourrait déclencher une épidémie mondiale. (…) Les experts voient dans les souches hautement pathogènes de la grippe aviaire telles que le H5N1 des candidats probables à ce type de transformation, mais d’autres agents pathogènes, comme le coronavirus du Sras et diverses souches de la grippe, auraient les mêmes propriétés. (…) Si une maladie pandémique se déclare, ce sera sans doute dans une zone à forte densité de population, de grande proximité entre humains et animaux, comme il en existe en Chine et dans le Sud-Est asiatique où les populations vivent au contact du bétail. (…) Il faudrait des semaines pour que les laboratoires fournissent des résultats définitifs confirmant l’existence d’une maladie risquant de muter en pandémie. (..) En dépit de restrictions limitant les déplacements internationaux, des voyageurs présentant peu ou pas de symptômes pourraient transporter le virus sur d’autres continents. Les malades seraient de plus en plus nombreux, de nouveaux cas apparaissant tous les mois. L’absence d’un vaccin efficace ou d’immunité dans le reste du monde exposerait les populations à la contagion. »

Les élites oligarchiques qui dirigent et détruisent[5] tout à la fois le monde peuvent-elles prétendre ne pas avoir été informées des risques que leur aveuglement volontaire, motivé par la plus cynique et nihiliste pléonexie[6], fait courir sciemment à la planète et à l’humanité depuis le milieu des années 1970[7] ? Étymologiquement, le mot « apocalypse » nous vient du grec ἀποκάλυψις / apokálupsis qui signifie « dévoilement » ou, dans un contexte religieux, « révélation ». La pandémie de Covid-19 est bien une apocalypse, car elle dévoile, révèle et démasque au moins la malfaisance absolue des oligarques du capitalisme mondialisé.

Champ de bataille

Face à cette destruction criminelle du monde et de l’humanité par le capitalisme en stade terminal[8], une guerre civile mondiale est en cours ; seuls les imbéciles ou les lâches sont encore dans la dénégation du conflit social et politique révélé comme jamais depuis la Libération par la pandémie du Covid-19 et les stratégies exclusivement sécuritaires de confinement des populations, notamment en France, sous le règne ubuesque d’Emmanuel Macron. L’heure est bien sûr à la « résistance »[9], voire à la lutte (Razmig Keucheyan et Anselm Jappe), si ce n’est même au règlement de compte (Pierre-Henri Castel).

Le « champ de bataille » a été précisément arpenté : « Il n’y aura pas de consensus environnemental. Loin d’effacer les antagonismes existants, la crise écologique [et sanitaire] se greffe au contraire à eux pour les porter à incandescence. (…) Surcroît de catastrophes naturelles, raréfaction de certaines ressources, crises alimentaires, déstabilisation des pôles et des océans, ’’réfugiés climatiques’’ par dizaine de millions à l’horizon 2050… Autant de facteurs qui annoncent des conflits armés d’un nouveau genre, auxquels se préparent aujourd’hui les militaires occidentaux. »[10] Car « la nature n’échappe pas aux rapports de force sociaux : elle est la plus politique des entités ». En conséquence de quoi, « la résolution » de la crise actuelle suppose « la radicalisation de la critique du capitalisme »[11].

Le mal qui vient

Cette critique, pratiquée par excellence par le philosophe Anselm Jappe, a très vite dénoncé, peu après les débuts du confinement (17 mars, en France), « le darwinisme social incroyable qui propose (et non seulement dans les pays anglo-saxons) de sacrifier les ’’inutiles’’[12] à l’économie ou la tentation pour les États de déployer leurs arsenaux de surveillance »[13]. Plus radicalement, face aux « violents qui s’annoncent », à la « prédation sans borne » des « puissants » et de « leurs complices », face – en un mot métaphysique – au « Mal qui vient », le philosophe et psychanalyste Pierre-Henri Castel ose nous armer : « Si nous souhaitons pour de bon préserver ce qui reste de nos capacités à jouir, à agir et à créer face à la malfaisance avérée, (…) alors il n’est pas exclu que ce travail ne requière un recours froid, ferme, et réfléchi, à la violence. »[14]

Dans le même état d’esprit, je ne suis pas de ceux qui sacrifient à la religion des béni-oui-oui de la non-violence. Et je garde toujours en mémoire l’épopée des Camisards[15], ainsi que cette réflexion inattendue de Primo Levi, en 1975 : « Dans le monde réel, les hommes armés existent, ils construisent Auschwitz, et les honnêtes et les désarmés aplanissent leur voie ; c’est pourquoi chaque Allemand, plus, chaque homme, doit répondre d’Auschwitz, et qu’après Auschwitz il n’est plus permis d’être sans armes (je souligne). »[16]

Cependant, notre courage sur le « champ de bataille » viendra de la force de notre « esprit de Résistance » et de la conviction que « résister, c’est créer »[17]. Or, en bonnes théologies juive et chrétienne, la création n’est jamais acquise, cristallisée, momifiée dans le sarcophage d’une origine mythique. Elle est toujours « continuée », « au présent ». Elle est résistance[18] et réparation du monde[19] ! Il importe donc, en premier lieu, de forger notre idéal de « réparation du monde ».

Ce grand bond vers la vie

L’humanité a atteint la limite de son expansion matérielle et de sa croissance mécanique. Adoratrice du Veau d’or, du Moloch et du Béhémoth, elle chute, se dévore elle-même et se délie du cosmos depuis trop longtemps. Nous sommes donc de plus en plus nombreux à comprendre qu’une nouvelle alliance entre nous est nécessaire, mais aussi entre les hommes et le monde vivant, un monde à ré-enchanter.

Cette nouvelle alliance est la seule voie possible, aujourd’hui, pour continuer d’avancer vers l’émancipation édénique. Elle exige révolte de l’esprit, volonté de partage, éthique de la discussion, respect de toutes les créatures et amour de la vie. Elle passe, de toute façon, par la sortie de l’unidimensionnalité de l’homme qui n’est pas que « raison », par la fin du règne de la quantité et par le débarras de l’éteignoir matérialiste. Une renaissance métaphysique est au bout de ce chemin, une belle aurora consurgens, un esprit de responsabilité vis-à-vis de ce que certains appellent « Création », d’autres « Un-le-Tout ».

Les destins des sociétés humaines et de chaque individu sont liés entre eux, et ils sont liés ensemble à l’évolution de leur environnement[20]. Le geste de l’homme marque son environnement d’une empreinte de plus en plus profonde (anthropocène !), surtout depuis que la révolution industrielle lui a donné la puissance, parfois déchaînée, des Titans. Toute action produit immanquablement sa réaction, même si c’est à retardement. Aujourd’hui, nous déchiffrons les signes des temps dans la corruption de l’eau, de l’air et de la terre, dans l’expansion du feu et du fer…

Une civilisation meurt, étouffée sous l’entassement des marchandises et par overdose de pulsions sans désir. Mais une nouvelle Cité se construit déjà selon le « principe responsabilité »[21]. Resterons-nous les deux pieds au bord de la tombe qui s’ouvre devant l’humanité, ou franchirons-nous d’un nouveau bond le fossé ?

Ce grand bond vers la vie[22] nécessite, pour s’accomplir pleinement, que l’esprit occidental mondialisé refasse place à l’imaginaire qui le fonde, qu’il continue de l’explorer (l’anthropologie en a fait son chantier, depuis au moins cinquante ans), d’en comprendre le sens, de s’en inspirer, mais aussi qu’il l’entende comme prescription de nouvelles façons de vivre, de travailler et d’aimer.

L’âge du faire

Nous ne sommes donc pas de ces aveuglés ou somnambules, asservis volontaires ou cyniques, qui nient encore l’effondrement de notre monde. Ainsi, dans notre République épuisée, la perpétuation de l’« état d’urgence » – « état d’exception », en vérité[23] – ne masque plus les asservissements ultralibéraux, les violences maffieuses ou d’État et la corruption systémique qui attisent la dialectique apocalyptique de la guerre civile mondiale et de la dictature globalisée. La propagande spectaculaire a épuisé de même sa capacité à nous bercer de l’illusion que les crashs du climat et de la biodiversité, ainsi que l’épuisement des ressources naturelles sont enfin sous contrôle de « conventions » internationales. Enfin, les rituels usés des « élections » oligarchiques ont atteint partout le seuil d’absurdité à partir duquel les citoyens authentiques entrent en désobéissance civile.

Tous ces verrous posés, les uns après les autres, sur l’état de droit, la démocratie, la raison, la vérité et la fraternité ne font que précipiter la faillite de la démocratie[24], l’effondrement du monde et l’obsolescence de l’humanité[25]. Déluge et Apocalypse ! « Alors, que faire ? » Telle est, plus que jamais, la question. Eh bien, « faire ! » Telle est la réponse. A l’âge de fer d’une « fin de l’Histoire » postulée par une oligarchie prédatrice et nihiliste qui imagine son Empire à l’abri du chaos, son hyper-richesse à l’abri de l’effondrement systémique, nous répondons déjà par « l’âge du faire », par le « demain » – déjà d’aujourd’hui – de l’action civique quotidienne et par la Transition.

La défense des communs est d’ores et déjà ressuscitée, en France, comme sous d’autres cieux. Mouvements citoyens et collectifs plus ou moins « alternatifs », coopératives de production équitable et de consommaction, associations écologiques et solidaires, expériences de plus en plus larges d’un communalisme démocratique, société collaborative, buen vivir et convivialisme international, agroécologie, habitat commun, autonomies énergétiques et alimentaires, monnaies locales, santé participative… : autant de « révolutions tranquilles » qui refondent la souveraineté des peuples et qui échappent au contrôle paranoïaque, mais de plus en plus virtuel, des oligarques.

Résistance d’aujourd’hui

En conclusion de son dernier livre, Vérités d’hier, Résistances d’aujourd’hui, Stéphane Hessel indiquait que l’écologie était devenue le « nouveau combat », nous invitant à nous attaquer, entre autres, « aux problèmes fondamentaux de la Terre et de la dégradation de notre biosphère »[26]. Mais il n’a jamais cessé, aussi, d’appeler à l’accueil des étrangers, au progrès social, à la solidarité économique, à la démocratie et à la non-violence… Les lignes de fond, éthiques et politiques, de la réparation du monde étaient ainsi clairement tracées, partagées par tous ses anciens camarades, vétérans les plus célèbres de la Résistance.

Mais, quelles sont plus précisément ces grandes lignes selon lesquelles une « résistance d’aujourd’hui » s’exprime de plus en plus massivement[27] ?

Premièrement, la remontée des nationalismes, les fermetures de frontières, les exaspérations xénophobes, communautaristes et fondamentalistes nous obligent à affirmer la nécessité première d’un cosmopolitisme renouvelé, fondé sur une idée universaliste de l’homme, et sur le constat lucide qu’un Nouveau Monde est né, un « village » planétaire où l’humanité se vit et se comprend désormais comme une et indivisible, chacun devant bénéficier des mêmes droits et aspirant, quelles que soient les cultures particulières, à la dignité.[28]

Deuxièmement, en ces décennies où le réchauffement du climat et la multiplication des catastrophes naturelles sont patents, nous devons mettre l’écologie au cœur de nos vies quotidiennes sans attendre une conversion de l’action publique internationale.

Troisièmement, ces deux premières révolutions ne pourront être réalisées qu’à la condition qu’une transition culturelle et spirituelle radicale disqualifie tout à la fois l’idolâtrie de l’argent, le culte de la concurrence et de la croissance, la démoralisation sur fond de nihilisme. En ce sens, la notion, partagée dans de nombreux pays, et notamment en France, du « convivialisme »[29] paraît offrir une solution à la fois politique et philosophique, en vue du rétablissement de la vie humaine sur le chemin du bien-vivre (Buen Vivir) et de la civilisation pacifique. Quant à l’Espérance messianique, elle inspirera toujours « l’invincible espoir » socialiste de Jaurès et de Blum[30], à condition que le christianisme sorte enfin de sa subversion satanique[31].

Nouvel horizon de « jours heureux »

D’un point de vue métaphysique, il s’agit d’en finir avec le découragement, l’indifférence, « l’empire du nihilisme ». Le philosophe Jean Vioulac[32] confirme, très justement, que le nihilisme, défini par Nietzsche, dans les années 1880, comme « dévalorisation de toutes les valeurs », est le « chiffre » de notre époque qui a subi, pendant le xxe siècle, « l’extension de la logique marchande [qui] imposait la destruction méthodique et systématique de toute morale susceptible de condamner l’égoïsme et la cupidité, et impliquait par exemple une inversion de la valeur des adjectifs “intéressé” ou “calculateur” »[33].

Il a mené ainsi une critique primordiale de « l’avènement du marché mondial » : « Le libéralisme, en tant qu’il se définit par l’exigence de la dérégulation et de la désinstitutionalisation de toutes les activités humaines, est le projet politique de démantèlement complet de l’ordre de la loi, et en cela un des plus puissants moteurs du nihilisme. Mais si le capitalisme condamne l’humanité à sombrer dans les “eaux glacées du calcul égoïste” par l’abolition progressive de toute morale, il est surtout un dispositif de production qui consomme – et donc détruit – réellement la nature et ses ressources en même temps que les peuples du monde. »

Après Auschwitz, Hans Jonas, l’auteur du Principe Responsabilité, a soutenu l’idée du renoncement de Dieu à sa propre puissance. Par l’acte de Création, Dieu se serait ainsi privé lui-même de la possibilité d’intervenir dans les affaires sublunaires, laissant à l’homme la mission ou le soin de réparer le monde, idée théurgique majeure de la kabbale, depuis le XVIe siècle, qui a connu son plein développement, à partir de la fin du XIXe siècle, chez les utopistes libertaires et les écologistes.

Héritiers de cette métaphysique, celles et ceux qui travaillent inlassablement à la réparation de notre monde en cours d’effondrement ouvrent aujourd’hui un nouvel espace de vie, selon les principes Espérance et Responsabilité animés en synergie[34]. Ainsi se dessine, sans complaisante béatitude, ni ruse perverse (allocution télévisée d’Emmanuel Macron, le 13 avril), un nouvel horizon de « jours heureux »[35].

Paris, le 13 mai 2020 ; mis à jour le 15 janvier 2021.

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Notes

[1] Apocalypse 15-16. Antoine Peillon, « Apocalypse de notre temps. Béhémoth, eschatologie et destructivité humaine », Soli Deo Gloria, 14 novembre 2018 : https://nndnnsntdg.blogspot.com/2018/11/behemoth-escathologie-et-destructivite.html

[2] www.franceculture.fr/societe/anselm-japp-esperons-de-garder-ce-que-cette-crise-a-de-positif

[3] Xavier Emmanuelli, Dernier avis avant la fin du monde, Albin Michel, 1999 ; Michel Beaud, Le Basculement du monde, La Découverte, 2000 ; Frédéric Encel, Géopolitique de l’apocalypse, Flammarion, 2002 ; Thérèse Delpech, Politique du chaos. L’autre face de la mondialisation, Le Seuil, 2002 ; Jean-Pierre Dupuy, Pour un catastrophisme éclairé, Seuil, 2003, puis La Marque du sacré, Carnets Nord, 2008 ; Jared Diamond, Effondrement, Gallimard, 2006 ; Edgar Morin, Vers l’abîme ?, L’Herne, 2007 ; Isabelle Stengers, Au temps des catastrophes. Résister à la barbarie qui vient, La Découverte, 2009 ; Michel Maffesoli, Apocalypse, CNRS Éditions, 2009 ; Slavoj Zizek, Vivre la fin des temps. L’apocalypse à venir, Flammarion, 2011 ; Susan George, Jean-Pierre Dupuy, Serge Latouche et Yves Cochet, Où va le monde ? 2012-2022 : une décennie au-devant des catastrophes, Fayard / Mille et une nuits, 2012 ; Collectif, La fin du monde. Analyses plurielles d’un motif religieux, scientifique et culturel, Labor Et Fides, 2012 ; Viviane Forrester, La Promesse du pire. Résister à l’horreur économique, Le Seuil, 2013 ; Hicham-Stéphane Afeissa, La fin du monde et de l’humanité. Essai de généalogie du discours écologique, PUF, 2014 ; Erik M. Conway et Naomi Oreskes, L’Effondrement de la civilisation occidentale, Les Liens qui libèrent, 2014 ; Michel Rocard, Suicide de l’Occident, suicide de l’humanité ?, Flammarion, 2015 ; Pablo Servigne et Raphaël Stevens, Comment tout peut s’effondrer, Le Seuil, 2015 ; Pierre-Noël Giraud, L’Homme inutile, Odile Jacob, 2015 ; Paul Jorion, Le dernier qui s’en va éteint la lumière. Essai sur l’extinction de l’humanité, Arthème Fayard, 2016 (collection « Pluriel », 2017) ; Anna Lowenhaupt Tsing, Le champignon de la fin du monde. Sur la possibilité de vivre dans les ruines du capitalisme, La Découverte, 2017 ; Julien Wosnitza, Pourquoi tout va s’effondrer, Les Liens qui Libèrent, 2018 ; Pierre-Henri Castel, Le mal qui vient, Cerf, 2018 ; Michèle Riot-Sarcey (dir.), De la Catastrophe. L’Homme en question, du Déluge à Fukushima, éd. du Détour, 2018 ; Fred Vargas, L’Humanité en péril – Virons de bord, toute !, Flammarion, 2019 ; Aurélien Barrau, Le plus grand défi de l’histoire de l’humanité, Michel Lafon, 2019 ; Yves Cochet, Devant l’effondrement – Essai de collapsologie, Les Liens qui Libèrent, 2019 ; Corinne Morel Darleux, Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce : Réflexions sur l’effondrement, Libertalia, 2019 ; Luc Semal, Face à l’effondrement. Militer à l’ombre des catastrophes, PUF, 2019 ; Roland Gori, Et si l’effondrement avait déjà eu lieu. L’étrange défaite de nos croyances, Les Liens qui Libèrent, 2020.

[4] Apocalypse 9:20-21, trad. Segond NEG.

[5] Hervé Kempf, Comment les riches détruisent la planète, Seuil, 2007.

[6] Dany-Robert Dufour, Pléonexie. [dict. : « Vouloir posséder toujours plus »], Le Bord de l’eau, coll. « La bibliothèque du MAUSS », 2015.

[7] Qui n’a pas lu, en 1972 déjà, le rapport Meadows du Club de Rome ? The Limits To Growth, Chelsea Green Publishing, 1972 / Halte à la croissance ?, Fayard, 1972. Travail du Massachusetts Institute of Technology (MIT) qui sera suivi par de nouvelles alertes dont Donella Meadows, Jorgen Randers, Dennis Meadows, Beyond the Limits. Confronting Global Collapse, Envisioning a Sustainable Future, Chelsea Green Publishing Co, 1993, et Donella Meadows, Jorgen Randers, Dennis Meadows, Limits to Growth: The 30-Year Update, Chelsea Green Publishing Co, 2004.

[8] Ici encore, ce n’est pas le lieu de développer cette évidence historique postulée par Hervé Kempf et Pierre-Henri Castel (op. cit.), entre autres, et magistralement pensée par Razmig Keucheyan (La nature est un champ de bataille. Essai d’écologie politique, La Découverte, 2014) et Anselm Jappe (La société autophage. Capitalisme, démesure et autodestruction, La Découverte, 2017).

[9] Antoine Peillon, Résistance !, Seuil, 2016.

[10] Présentation de Razmig Keucheyan, La nature est un champ de bataille. Essai d’écologie politique, La Découverte, 2014.

[11] Razmig Keucheyan, La nature est un champ de bataille. Essai d’écologie politique, La Découverte, 2014, pp. 11 et 13.

[12] Pierre-Noël Giraud, L’Homme inutile. Du bon usage de l’économie, Odile Jacob, 2015. Majeur !

[13] Anselm Jappe, site de France culture, le 6 avril 2020 : www.franceculture.fr/societe/anselm-japp-esperons-de-garder-ce-que-cette-crise-a-de-positif

[14] Pierre-Henri Castel, Le Mal qui vient. Essai hâtif sur la fin des temps, Cerf, 2018, pp. 126 et 127.

[15] Antoine Peillon, Résistance !, Seuil, 2016, pp. 264 à 267.

[16] Primo Levi, Le système périodique, « Vanadium », Le Livre de poche, 1997, p. 265.

[17] Antoine Peillon, Résistance !, Seuil, 2016, pp. 233 à 311.

[18] Antoine Peillon, « Sur le Psaume VIII », Évangile et liberté n° 313, novembre 2017 : www.evangile-et-liberte.net/2017/11/sur-le-psaume-viii/

[19] Antoine Peillon, « Eschatologie au présent et source kabbalistique du principe Responsabilité », Sur la terre comme au ciel : http://surlaterrecommeauciel.over-blog.com/eschatologie-au-present.html

[20] Jakob von Uexküll, Milieu animal et milieu humain, Payot & Rivages, 2010 (traduit de l’allemand : Streifzüge durch die Umwelten von Tieren und Menschen, 1956). « Là où la science classique voyait un monde unique, qui comprenait à l’intérieur de lui-même toutes les espèces vivantes hiérarchiquement ordonnées, des formes les plus élémentaires jusqu’aux organismes supérieurs, Uexküll suppose au contraire une infinie variété de mondes perceptifs, tous également parfaits et liés entre eux comme sur une gigantesque partition de musique… » (Giogio Agamben, L’Ouvert. De l’homme et de l’animal, Payot & Rivages, 2002.

[21] Hans Jonas, Das Prinzip Verantwortung. Versucheiner Ethik für die technologische Zivilisation, Frankfurt am Main, Insel, 1979. Traduction française : Le Principe Responsabilité. Une éthique pour la civilisation technologique, Editions du Cerf, 1990 (en poche : Flammarion, collection « Champs », 1998).

[22] Le Deutéronome, 30, 19 : « J’ai placé devant toi la vie et la mort, le bonheur et la calamité. Choisis la vie !, et tu vivras, toi et ta postérité. »

[23] Giorgio Agamben, État d’exception. Homo sacer, II, 1, Le Seuil, 2003 ; Marie Goupy, L’État d’exception, ou l’impuissance autoritaire de l’État à l’époque du libéralisme, CNRS, 2016.

[24] Raffaele Simone, Si la démocratie fait faillite, Gallimard, Le Débat, 2016 ; Hervé Kempf, L’Oligarchie, ça suffit. Vive la démocratie, Le Seuil, 2011 et 2013 (nouvelle édition en collection « Points Essais ») ; Jean Salem, « Elections, pièges à cons ? ». Que reste-t-il de la démocratie ?, Flammarion, collection « Antidote », 2012 ; G. Agamben, A. Badiou, D. Bensaïd, W. Brown, J.-L. Nancy, J. Rancière, K. Ross, S. Zizek, Démocratie, dans quel état ?, La Fabrique, 2009 ; Jacques Rancière, La Haine de la démocratie, La Fabrique, 2005.

[25] Günther Anders, L’Obsolescence de l’homme, 2 tomes, Encyclopédie des nuisances, 2002 et 2011.

[26] Stéphane Hessel, Vérités d’hier, Résistances d’aujourd’hui, Esprit du temps, 2014, pp. 39-41.

[27] A titre d’exemple, le film Demain (2015) de Cyril Dion et Mélanie Laurent a enthousiasmé plus d’un million et demi de spectateurs en un an de diffusion, tandis que la journaliste Bénédicte Manier ne cesse de recenser des milliers de « révolutions tranquilles » qui « changent le monde » : Un million de révolutions tranquilles. Comment les citoyens changent le monde, Les Liens qui libèrent, 2012 et 2016 (nouvelle édition augmentée). Cf. aussi : Rob Hopkins, Ils changent le monde ! 1001 initiatives de transition écologique, Le Seuil, collection « Anthropocène », 2014 ; Hugo Carton, Pablo Servigne, Agnès SinaÏ, Raphaël Stevens, Petit Traité de résilience locale, Editions Charles Léopold Mayer, 2015 ; le journal L’Âge de faire

[28] Mireille Delmas-Marty, Vers un droit commun de l’humanité, Textuel, coll. « Conversations pour demain », 1996 ; Marie Duru-Bellat, Pour une planète équitable. L’urgence d’une justice globale, Le Seuil, 2014 ; Yves-Charles Zarka, Refonder le cosmopolitisme, PUF, 2014 ; Michaël Foessel, Après la fin du monde. Critique de la raison apocalyptique, Le Seuil, 2012, pp. 243 sq. ; Louis Lourme, Le Nouvel Âge de la citoyenneté mondiale, PUF, 2014 ; Olivier Remaud, Un monde étrange. Pour une autre approche du cosmopolitisme, PUF, 2015 ; Marc Augé, L’Avenir des Terriens. Fin de la préhistoire de l’humanité comme société planétaire, Albin Michel, 2017.

[29] http://convivialisme.org/

[30] « Oui, les hommes qui ont confiance en l’homme (…) affirment, avec une certitude qui ne fléchit pas, qu’il vaut la peine de penser et d’agir, que l’effort humain vers la clarté et le droit n’est jamais perdu. L’Histoire enseigne aux hommes la difficulté des grandes tâches et la lenteur des accomplissements, mais elle justifie l’invincible espoir. » (Jean Jaurès, « Discours à la jeunesse », Albi, 1903) ; « L’homme n’a pas deux âmes différentes, l’une pour chanter et pour chercher, l’autre pour agir ; l’une pour sentir la beauté et comprendre la vérité, l’autre pour sentir la fraternité et comprendre la justice. Quiconque envisage cette perspective se sent animé d’un invincible espoir. Que l’homme contemple le but, qu’il se fie à son destin, qu’il ne craigne pas d’user sa force. Quand l’homme se trouble et se décourage, il n’a qu’à penser à l’Humanité. » (Léon Blum, dans À l’échelle humaine, prison du Fort du Portalet, décembre 1941, Gallimard, 1945 ; nouvelle édition, avec une préface de Pierre Birnbaum : Mémoires, suivis de À l’échelle humaine, Archidoc, 2021).

[31] Jacques Ellul, La subversion du christianisme, Seuil, 1984.

[32] Jean Vouliac, La Logique totalitaire, PUF, collection « Épiméthée », 2013.

[33] Jean Vioulac, « Les eaux glacées du calcul égoïste », Esprit, n° 403, mars-avril 2014, pp. 132-136.

[34] Avishag Zafrani, Le Défi du nihilisme. Ernst Bloch et Hans Jonas, Herman, 2014. Cf. Hans Jonas, Das Prinzip Verantwortung. Versucheiner Ethik für die technologische Zivilisation, Franfurt am Main, Insel, 1979 (traduction française : Le Principe Responsabilité. Une éthique pour la civilisation technologique, Éditions du Cerf, 1990 ; en poche : Flammarion, collection « Champs », 1998) ; Ernst Bloch, Das Prinzip Verantwortung: Versuch einer Ethik für die technologische Zivilisation, Suhrkamp, Frankfurt am Main, 2003 (traduction française : Le Principe espérance, 3 vol., Paris, Gallimard, 1976, 1982, 1991.

[35] Le Programme du Conseil national de la Résistance est intitulé, dans sa première édition, Les Jours heureux. Ce texte a été adopté à l’unanimité par le Conseil national de la Résistance français, le 15 mars 1944. Cf. Citoyens résistants d’hier et d’aujourd’hui, Les Jours heureux, La Découverte, 2010 ; Collectif, Et nous vivrons des jours heureux, Actes Sud, 2016.

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Poursuivre la réflexion avec Aux origines de la catastrophe, Les Liens qui Libèrent & Imagine, novembre 2020.

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ANNEXE

Eschatologie au présent et source kabbalistique du « principe Responsabilité »

Pour Hans Jonas, une fois pour toute, après Auschwitz (1 ; notes en fin de texte), la toute-puissance divine doit s’effacer devant la bonté ou l’amour de Dieu, mais le philosophe allemand s’en tient malgré tout à un strict monothéisme, récusant toute théologie manichéenne d’un « double Dieu » (gnosticisme…) (2).

En effet, Jonas souligne que :

– par le simple fait d’avoir créé l’homme libre, Dieu s’est dépouillé dès l’origine de sa toute-puissance ;

– se référant au concept kabbalistique (Isaac Luria, 1534-1572) du « tsimtsoum » (retrait, creusement en matrice, autolimitation du Créateur pour faire place au monde ; proche de la kénose chrétienne) (3), Jonas soutient le renoncement de la puissance du Dieu créateur afin que nous puissions exister, afin qu’advienne l’altérité des créatures. Ainsi, par l’acte de Création, Dieu se serait lui-même privé de la possibilité d’intervenir dans les affaires sublunaires (symbole du shabbath), laissant à l’homme la mission de parachever/réparer le monde (tikkoun ha-olam), idée théurgique qui a connu son plein développement à la fin du XIXesiècle, notamment en Allemagne, chez certains utopistes libertaires (cf. Michael Löwy, Rédemption et utopie, PUF, 1988).

Cependant, la relation à la divinité (= la religion) ne disparaît pas dans cette analyse générative de l’engagement écologiste.

« Renonçant, dit Jonas, à sa propre invulnérabilité, le fondement éternel a permis au monde d’être (…) Dieu, après s’être entièrement donné dans le monde en devenir, n’a plus rien à offrir. C’est maintenant à l’homme de lui donner. Et il peut le faire en veillant à ce que, dans les cheminements de sa vie, n’arrive pas ou n’arrive pas trop souvent, et pas à cause de lui, l’homme, que Dieu puisse regretter d’avoir laissé devenir le monde. » (Le Concept de Dieu après Auschwitz, Payot et Rivages, 1994, pp. 38 et 39)

L’écologie politique est-elle dans la même confusion eschatologique que Marx (le profanateur d’Hegel), un chapitre manquant à la somme de Jacob Taubes (4), un dernier avatar de « la postérité de Joachim de Flore », telle qu’Henri de Lubac l’a autopsiée (Lethielleux, 1979 et 1981, et Cerf, 2014), voire une dernière ruse des « fanatiques de l’Apocalypse » (Norman Cohn) ? Ou bien, la véritable sécularisation et historicisation de l’Apocalypse n’est-elle pas seulement celle des déclinaisons politiques de la lignée gnostique, manichéenne, dualiste (Dieu/Monde, Bien/Mal, Homme/Univers…), des lectures de la Révélation et de la Parousie comme promesses sans fin de lendemains qui chantent ?

En vérité, seul les monismes vitalistes de la mystique hébraïque (Qumrân, Kabbale…, jusqu’au Rabbi Haïm de Volozine (5), Levinas et Hans Jonas), des christianismes (6) et du panthéisme (permanent dans les métaphysiques occidentale et orientale, comme John Toland l’a, le premier, démontré) nous donnent le commandement d’une « eschatologie “au présent” » (Evangile de Jean, ch. IV, v. 23 ; ch. V, v. 25 et v. 28 ; ch. XVI, v. 32 ; Apocalypse de Jean, ch. XIV, v. 7) (7), première source spirituelle du « principe Responsabilité » de Jonas et du « catastrophisme éclairé » de Dupuy, lequel souscrit explicitement à la métaphysique de Jonas (8).

Notes :

(1) Hans Jonas, Le Concept de Dieu après Auschwitz, avec un lumineux essai de Catherine Chalier, « Dieu sans puissance », Payot / Rivages, 1994.

(2) H. Jonas, The Gnostic Religion ; The message of the alien God and the beginnings of Christianity, Boston, Beacon Press, second edition, 1963. Traduction française : La Religion gnostique, Flammarion, coll. Idées et recherches dirigée par Yves Bonnefoy, 1978. Lire, à propos de la lutte fondamentale de Jonas contre le dualisme, premièrement, la belle thèse de Nathalie Frogneux,Hans Jonas ou la vie dans le monde, avec une préface de Jean Greisch, Bruxelles, De Boeck Université, 2001, puis Marie-Geneviève Pinsart, Hans Jonas et la liberté : dimensions théologiques, ontologiques, éthiques et politiques, Vrin, 2002, pp. 22 à 33, et enfin la synthèse précise de Robert Theis, Jonas ; Habiter le monde, Michalon, coll. Le bien commun, 2008, pp. 13 à 32, entre autres.

(3) Gershom Sholem, Les Grands Courants de la mystique juive, Payot, troisième édition, 1994, notamment les pages 261 à 304 consacrées à Isaac Luria ; Charles Mopsik, Les grands textes de la cabale ; Les rites qui font Dieu, Verdier, 1993 ; Moshe Idel, Messianisme et mystique, traduit de l’hébreu par Catherine Chalier, Editions du Cerf, 1994, notamment les pages 87 à 94 consacrées à Luria ; Moshe Idel, La Cabale : nouvelles perspectives, traduit de l’anglais par Charles Mopsik, Editions du Cerf, 1998 ; Marc-Alain Ouaknin, Tsimtsoum ; Introduction à la méditation hébraïque, Albin Michel, coll. Spiritualités vivantes, 1992 ; Gérard Rabinovitch, « A travers les énormités de la nuit », postface à Apocalypse, Editions Mille et Une Nuits, 1997 ; Gérard Rabinovitch, De la destructivité humaine ; Fragments sur le Béhémoth, PUF, 2009 ; et la belle méditation, « au diapason de la Création », de Catherine Chalier : La Nuit, le jour, Seuil, 2009. A propos de la proximité métaphysique du « tsimtsoum » (ou « zimzoum ») avec la « kénose » : Epître de Saint Paul aux Philippiens, 2, 6-7 ; André Néher, Le Puits de l’exil ; La théologie dialectique du Maharal de Prague, Albin Michel, 1966 ; Jürgen Moltmann, Trinité et royaume de Dieu, Editions du Cerf, 1984, pages 140 à 154, traduction française de Trinitätund Reich Gottes ; Zur Gotteslehre, München, Chr. Kaiser, 1980 ; Jürgen Moltmann, Dieu dans la création ; Traité écologique de la création, Editions du Cerf, 1988, pages 120 à 129 ; Annick de Souzenelle, Le Féminin de l’Être, Albin Michel, 1997 ; Rémi Brague, Du Dieu des chrétiens et d’un ou deux autres, Flammarion, collection Champs Essais, 2009, pages 193 à 199.

(4) Jacob Taubes, Abendländlische Eschatologie, Munich, 1991. Traduction française : Eschatologie occidentale, traduit de l’allemand par Raphaël Lellouche et Michel Pennetier, Paris, Editions de l’Eclat, coll. Philosophie imaginaire, 2009. Eric Voeglin, Science, politique et gnose, Bayard, 2004.

(5) Rabbi Haïm de Volozine, L’Âme de la vie, avec une préface d’Emmanuel Levinas, Verdier, 1986.

(6) Entre autres, outre les conférences d’Eric Voeglin (Op.cit.) : Ernest Haeckel, Le Monisme ; Profession de foi d’un naturaliste, Schleicher Frères, 1897 ; Dietrich Bonhoeffer, Création et chute ; Exégèse théologique de Genèse 1 à 3, Bayard, 1999 ; Jacques Ellul, L’Apocalypse ; Architecture en mouvement, Labor et Fides, 2008 ; Paul Claudel, Au milieu des vitraux de l’Apocalypse, Gallimard, 1966 ; Nicolas Berdiaev, Le Sens de l’Histoire, Aubier, 1948 ; Nicolas Berdiaev, Essai d’autobiographie spirituelle, Buchet / Chastel, 1992, pp. 362 à 389 ; Jean Phaure, La Chute originelle et le mystère du mal, Institut d’Herméneutique, 1973 ; Henri de Lubac, Histoire et Esprit ; L’intelligence de l’Ecriture d’après Origène, Editions du Cerf, 2002, pages 278 à 294 ; Rudolf Bultmann, Histoire et eschatologie, Neuchâtel, Delachaux & Niestlé, 1959, traduction française de Geschichte und Eschatologie, Tübingen, Mohr, 1958 ; Karl Löwith, Meaning in History, Chicago, 1949 ; Norman Cohn, Cosmos, chaos et le monde qui vient, Allia, 2000 ; Rudolf Schnackenburg, Présent et futur ; Aspects actuels de la théologie du Nouveau Testament, Editions du Cerf, 1969, traduction française de Present & Future ; Modern Aspects of New Testament Theology, University of Notre Dame Press, 1966 ; Jürgen Moltmann, Théologie de l’espérance ; Études sur les fondements et les conséquences d’une eschatologie chrétienne, Editions du Cerf, 1970, traduction française deTheologie der Hoffnung ; Untersuchungen zu Begründung und zu den Konzequenzen einer christlichen Eschatologie, München, Chr. Kaiser, 1964 ; Jürgen Moltmann, Dieu dans la création ; Traité écologique de la création, Editions du Cerf, 1988, trad. française de Gott in der Schöpfung ; Ökologische Schöpfungslehre, München, Chr. Kaiser, 1985 ; Jürgen Moltmann, L’Esprit qui donne la vie ; Une pneumatologie intégrale suivi de « Mon itinéraire théologique », Editions du Cerf, 1999, trad. française de Der Geist des Lebens ; Eine ganzheitliche Pneumatologie, Chr. Kaiser / Gütersloher Verlag, 1991 ; Jürgen Moltmann, La Venue de Dieu ; Eschatologie chrétienne, Editions du Cerf, 2000, traduction française de Das Kommen Gottes ; Christliche Eschatologie, Güttersloh, Chr. Kaiser / Gütersloher Verlagshaus, 1995 ; Jürgen Moltmann, Le Rire de l’univers ; Traité de christianisme écologique, Paris, Cerf, 2004 ; Pierre Prigent, Les Secrets de l’Apocalypse ; Mystique, ésotérisme et apocalypse, Editions du Cerf, 2002 ; Richard Bauckham, La Théologie de l’Apocalypse, Editions du Cerf, 2006 ; Emmanuel Durand, Le Père, Alpha et Oméga de la vie trinitaire, Editions du Cerf, 2008 ; Jean Marchal,L’Apocalypse de Jean ; Un message pour notre temps, Albin Michel, 1987 ; Hans Weder, Présent et règne de Dieu ; Considérations sur la compréhension du temps chez Jésus et dans le christianisme primitif, Editions du Cerf, 2009 ; et la fulgurante page 264 (« Jésus vient ») d’Au cœur de l’Ecriture : Méditations d’un prêtre catholique, de Nicolas Boon (Dervy, 1987)…

(7) Rudolf Bultmann, Histoire et eschatologie, Neuchâtel, Delachaux & Niestlé, 1959, traduction française de Geschichte und Eschatologie, Tübingen, Mohr, 1958 ; Jürgen Moltmann, L’Esprit qui donne la vie ; Une pneumatologie intégrale suivi de « Mon itinéraire théologique », Editions du Cerf, 1999, page 422, trad. française de Der Geist desLebens ; Eine ganzheitliche Pneumatologie, Chr. Kaiser / GütersloherVerlag, 1991 ; Hans Weder, Présent et règne de Dieu ; Considérations sur la compréhension du temps chez Jésus et dans le christianisme primitif, Editions du Cerf, 2009.

(8) H. Jonas, Das Prinzip Verantwortung ; Versucheiner Ethik für die technologische Zivilisation, Franfurt am Main, Insel, 1979. Traduction française : Le Principe Responsabilité ; Une éthique pour la civilisation technologique, Editions du Cerf, 1990 (en poche : Flammarion, coll. Champs, 1998). L’influence de ce livre sur l’écologie politique fut et continue d’être considérable. Le fameux « rapport Bruntland », Our Common Future (Commission mondiale sur l’environnement et le développement, Oxford University Press, 1987 ; traduction française : Notre avenir à tous, Editions du Fleuve / Les Publications du Québec, 1988), initiateur du concept de « développement durable » (sustainable development), lui doit éthiquement presque tout (cf. Dominique Bourg, Les Scénarios de l’écologie, Hachette, 1996, p. 61). Jean-Pierre Dupuy, Pour un catastrophisme éclairé ; Quand l’impossible est certain, Seuil, 2002 (nouvelle édition en collection Points, 2004, pages 161 à 174). Pour mémoire : Søren Kierkegaard, Crainte et tremblement, Payot & Rivages, 2000, traduction française de Frygtog Bæven, publié le 16 octobre 1843 sous le pseudonyme de Johannes de Silentio (Jean le Silencieux). Le titre de l’ouvrage vient de l’Epître aux Philippiens, II, 12 : « Ainsi, mes bien-aimés, comme vous avez toujours obéi, travaillez à votre salut avec crainte et tremblement, non seulement comme en ma présence, mais bien plus encore maintenant que je suis absent… »

***

Grand reporter à La Croix (MAJ : jusqu’en janvier 2021), Antoine Peillon a travaillé, auparavant, pour de nombreux quotidiens et magazines. Son livre Ces 600 milliards qui manquent à la France. Enquête au cœur de l’évasion fiscale (Le Seuil, mars 2012) lui a valu le prix Éthique ANTICOR 2012 pour l’investigation). Il a aussi publié Corruption (Le Seuil, octobre 2014), puis Résistance ! (Le Seuil, mars 2016), « Voter, c’est abdiquer ! ». Ranimons la démocratie (Don Quichotte, 2017) et Cœur de boxeur. Le vrai combat de Christophe Dettinger (Les Liens qui Libèrent, 2019).


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Un commentaire

  1. […] Un ministre de l’Intérieur rivalise de totalitarisme avec la championne de l’extrême droite la plus dure. Le gouvernement auquel il appartient multiplie les projets de loi sécuritaires et liberticides, alors que le coronavirus continue de faire des ravages et que la misère explose dans le pays. Cette mascarade et les mascarons présidentiels de cette dangereuse époque sont porteurs d’une salutaire Apocalypse. […]

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